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Les États-Unis rivalisent avec Israël pour le titre de « pays le plus détesté »

Philip Giraldi

Ce fut une nouvelle semaine effroyable à Washington, le président Donald Trump ayant réussi à tenir des propos apparemment improvisés qui ont égalé, voire surpassé, sa prestation épouvantable aux Nations unies, où il s’était demandé s’il ne devait pas « anéantir » l’Iran et le renvoyer à l’âge de pierre. Il semblerait que plus de 90 millions de Perses morts suffiraient à assouvir la soif de sang de Donald lorsqu’il s’agit de tuer des civils innocents, mais la dernière réflexion de notre cher dirigeant a été formulée lors d’un meeting électoral dans le Nebraska, où il a semblé déclarer qu’il pourrait bien envisager de poursuivre la guerre contre l’Iran, même si le prix à payer pour les Iraniens devait être des représailles consistant à anéantir certaines de nos villes. Il a déclaré : « C’est un petit prix à payer pour assurer la sécurité du monde, pour assurer la sécurité de notre pays, et tout cela sera très vite terminé. Qu’ils détruisent Los Angeles, qu’ils détruisent San Diego. »

Trump considérait clairement tout cela comme une sorte de compromis, s’attendant à ce que même les Californiens jugent le prix à payer acceptable s’il empêchait l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ; mais il n’a pas réussi à établir de lien raisonnable entre cette arme inexistante et le bien qui résulterait de l’anéantissement de millions d’Américains. L’ironie, bien sûr, c’est que, puisque l’Iran ne possède pas d’armes nucléaires et n’en développe même pas, comme le soulignent généralement les services de renseignement américains, il ne pourrait en aucun cas détruire l’une ou l’autre de ces villes de la côte ouest, ni même les deux. Mais là encore, Trump n’est pas du genre à réfléchir en profondeur, et ce qu’il a tendance à dire correspond à ce qui tourbillonne parmi les trois cellules cérébrales qui pourraient effectivement fonctionner à un moment donné dans sa tête surdimensionnée.

Il est intéressant de noter que la vidéo enregistrant le rassemblement montre la foule des partisans de MAGA du Nebraska acclamant cet échange, apparemment inconsciente du fait que cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu, que l’Iran ne représentait et ne représente aucune menace militaire pour les États-Unis, et que toute cette sanglante affaire pourrait prendre fin si Trump réitérait sa fréquente déclaration de « victoire » avant de rappeler toutes les troupes au pays et d’y mettre un terme. De cette manière, personne ne « perd » et aucun innocent n’a à mourir, mais pour une raison ou une autre, cela ne semble pas être une option envisagée à la Maison Blanche.

À la suite de ce commentaire, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, et le maire républicain de San Diego, Todd Gloria, ont tous deux interpellé le président Trump sur sa volonté de voir des Américains mourir en grand nombre à cause des mauvaises politiques émanant de Washington. Newsom a écrit sur les réseaux sociaux : « Après avoir envoyé la Garde nationale occuper la Californie, Donald Trump affirme désormais que nos ennemis étrangers devraient “anéantir” Los Angeles et San Diego. Il est dérangé et dangereux. » Gloria a ajouté : « San Diego n’est pas un dommage collatéral. Nous ne sommes pas sacrifiables. Et nous ne sommes en aucun cas un “petit prix à payer”. Laissez notre ville en dehors de vos discours bellicistes irresponsables. »

La Maison Blanche a inévitablement riposté pour soutenir les propos de Trump, le directeur de la communication, Steven Cheung, écrivant sur les réseaux sociaux : « La panique médiatique suscitée par les propos du président Trump n’a aucun fondement dans la réalité. Il affirmait clairement que les villes américaines auraient été menacées si l’Iran nucléaire n’avait pas été stoppé. Les États-Unis sont plus en sécurité grâce au président. L’Iran n’a ni programme nucléaire, ni marine, ni armée de l’air, ni argent. » Il est intéressant de noter que le directeur de la communication de Trump, qui a interprété le commentaire à l’envers en affirmant à tort que le président avait « empêché » l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, s’est montré incapable de comprendre ce que Trump avait réellement dit et a préféré inventer ce qu’il aurait pu vouloir dire. Tout cela explique pourquoi la Maison Blanche est aussi dysfonctionnelle.

Au-delà de cela, un événement s’apparentant au moins un peu à une politique constructive s’est produit le 30 septembre,lorsque les États-Unis ont achevé le retrait de leurs troupes d’Irak, pays qu’ils occupaient de facto depuis 23 ans. Ce retrait, qui a eu lieu après de multiples demandes du gouvernement irakien, semble motivé par la volonté d’éloigner les troupes américaines de la portée effective de certains missiles à courte portée et drones iraniens, capables d’atteindre facilement l’Irak. Les soldats et les aviateurs seront transférés en Jordanie voisine, ce qui signifie qu’ils resteront suffisamment proches pour intervenir si les Irakiens se montrent indisciplinés et commettent des actes jugés contraires aux « intérêts » américains.

Certains se souviendront qu’en janvier 2020, le président Donald Trump avait ordonné l’assassinat du chef des Gardiens de la révolution iranienne, Qasim Soleimani, qui venait d’atterrir à l’aéroport de Bagdad pour participer à des pourparlers de paix entre son pays et les Irakiens. Les pourparlers de paix ne sont pas le genre de chose dans laquelle les partisans de Trump excellent, en particulier s’ils impliquent des ennemis réels ou potentiels d’Israël ; il fallait donc mettre un terme aux agissements de Soleimani. Les Irakiens sont certainement conscients que le départ des soldats américains ne signifie pas la fin de l’intervention américaine, qui peut certes se faire sous la menace des armes, mais aussi par le biais de sanctions et d’autres moyens moins violents.

Tout cela pour dire que la partie n’est pas encore terminée et que Trump est tout à fait capable de commettre une bêtise monumentale pour tenter de sauver ce qui reste de sa réputation. Derrière une grande partie de ces absurdités se cache le cercle vicieux impliquant Trump lui-même et ses bons amis en Israël. Ne vous y trompez pas : Israël est déterminé à devenir le « Grand Israël » tout en éliminant ses ennemis potentiels en Asie et en Afrique. Et, contrairement à l’Iran, il dispose bel et bien de l’arme nucléaire grâce au matériel et à la technologie qu’il a volés aux États-Unis avant d’assassiner le président John F. Kennedy, qui avait tenté de l’en empêcher. Quant à cet imbécile de Donald, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider le Premier ministre Benjamin Netanyahou à être réélu, que ce soit parce qu’il fait l’objet d’un chantage ou parce qu’il l’apprécie tant. Quoi qu’il en soit, Trump coopérera pleinement avec Netanyahou ou celui qui lui succédera, quoi qu’il arrive. De même, on assistera au consensus habituel consistant à tout faire pour satisfaire l’État juif, émanant de la foule habituelle des partisans de la « priorité à Israël » au Congrès, dans les grands médias et parmi les fondations qui en sont venues à compter sur l’argent et le « respect » découlant du fait de fréquenter les mêmes cercles que ceux qui sont chers à Sion.

À ceux qui ne se sont pas encore rendu compte à quel point les militants sionistes se sont infiltrés profondément dans la vie politique, je recommande vivement un article publié cette semaine par le très respectable Quincy Institute, rédigé par Kelley Vlahos, rédactrice en chef de Responsible Statecraft. Cet article révèle les détails sordides de la manière dont le lobby israélien, soutenu par des milliardaires juifs, a réussi à créer puis à détourner un mouvement conservateur qui, à l’origine, semblait défendre les intérêts américains, pour le mettre au service des intérêts d’Israël. Elle décrit comment « la conférence annuelle [NatCon 2026], prétendument lancée à l’intention des conservateurs américains en 2019, se tient cette semaine à Jérusalem et vise principalement à renforcer le soutien des États-Unis à l’État juif ». Si Israël parvient à ses fins, cela conduira à une intégration américano-israélienne au Pentagone et lui permettra de s’imposer comme un « partenaire » des États-Unis tant en matière de défense que de politique étrangère. Ne vous y trompez pas, Israël va nous saigner à blanc puis jeter notre carcasse sans même un regard en arrière. Ce sera la fin de notre pays. Le président Donald J. Trump et son prédécesseur Joe Biden ont beaucoup contribué à faire avancer ce processus, et c’est à eux, ainsi qu’aux lâches du Congrès et des médias, que nous devons le gouffre profond dans lequel nous, peuple autrefois fier et indépendant, allons bientôt nous retrouver.

Philip M. Giraldi, Ph.D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative à but non lucratif de type 501(c)3 (numéro d’identification fédéral n° 52-1739023) qui milite en faveur d’une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur les intérêts nationaux. Son site web est https://councilforthenationalinterest.org, son adresse postale est P.O. Box 2157, Purcellville VA 20134 et son adresse e-mail estinform@cnionline.org .

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