Ulf Sandmark

Au vu des violences survenues à Paris, à Milan et à Tirana ce week-end, il est utile de rappeler une nouvelle fois les méthodes de répression des soulèvements de l’empire colonial britannique, développées par Frank Kitson, ainsi qu’une interview dans laquelle l’ancien président de la République italienne et agent britannique Francesco Cossiga expliquait comment transformer des manifestations pacifiques en manifestations violentes et les réprimer.
Alors que le système financier transatlantique s’effondre et que la crise économique provoquée par les guerres en Ukraine et en Iran s’accélère, les citoyens descendent dans la rue partout dans le monde. Même si bon nombre de ces manifestations ont débuté pacifiquement, certaines ont dégénéré en émeutes, comme on l’a vu à Paris.
Bien que certains aient commencé à rejeter la faute sur les migrants, Helga Zepp-LaRouche a soulevé la question de la violence orchestrée par des acteurs de l’État profond et leurs provocateurs, qu’ils agissent consciemment ou inconsciemment. Tout comme Frank Kitson – en tant que spécialiste de la lutte contre les émeutes pour l’Empire britannique et conseiller de la reine – s’était infiltré dans l’Armée républicaine irlandaise et avait délégitimé ses objectifs politiques républicains par le recours à la violence, de même les scènes d’émeutes délégitimentent les manifestations pacifiques à l’échelle nationale des élèves, des étudiants, des organisations syndicales et des Gilets jaunes, qui ont rassemblé au total 800 000 participants, dont 520 000 rien qu’à Paris ce même jour. La question est désormais de savoir si les manifestants conscients parviendront à résister et à empêcher que ces violences ne discréditent les manifestations nationales encore plus importantes prévues le 4 novembre, ainsi que le début de la grève générale des syndicats français le lendemain.
La seule façon de garantir le bien-être et le bon fonctionnement de l’économie est d’abandonner la géopolitique, d’adopter les quatre lois de LaRouche et de coopérer avec la majorité mondiale pour mettre en place une nouvelle architecture de sécurité et de développement, comme l’a exigé Helga Zepp-LaRouche. Tout ce qui, dans ces manifestations, ne répond pas aux exigences d’une solution économique viable risque de devenir un terreau fertile pour la violence et de conduire à l’émergence d’un État policier en réponse à cela.
Le synarchiste Cossiga sur la répression des manifestations
L’ancien ministre italien de l’Intérieur (ministre de la Police), Premier ministre et président de la République, Francesco Cossiga, a expliqué le 23 octobre 2008 comment infiltrer et réprimer les manifestations par la violence et la contre-violence. Dans une interview accordée ce jour-là au quotidien Quotidiano Nazionale, Cossiga a fait la suggestion suivante à l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi et au ministre de l’Intérieur Roberto Maroni :
« Retirez les forces de police des rues et des universités, infiltrez le mouvement avec des provocateurs prêts à tout, et laissez les manifestants, pendant une dizaine de jours, saccager les magasins, incendier des voitures et mettre les villes à feu et à sang. (…) Ensuite, avec le soutien de l’opinion publique, le bruit des sirènes des ambulances devra couvrir celui des sirènes des voitures de police et des carabiniers. »
QN : Cela signifie donc que…
« Cela signifie que les forces de l’ordre ne doivent faire preuve d’aucune pitié et les envoyer tous à l’hôpital. Pas les arrêter, car le tribunal ne ferait que les relâcher immédiatement, mais les frapper – et frapper aussi les enseignants qui les incitent à la révolte. »
QN : Les enseignants aussi ?
« Surtout les enseignants. »
Cossiga ne fait que répéter ce qu’il a appris de la tactique « gang-countergang » de Frank Kitson pour la lutte contre les soulèvements, que Kitson a appliquée sur plusieurs théâtres d’opérations de l’Empire britannique, dont le plus célèbre fut le soulèvement des Mau-Mau au Kenya de 1953 à 1955. Cossiga était lui-même l’un des hommes politiques italiens les plus pro-britanniques, un admirateur du MI6 et un disciple du cardinal John Henry Newman, fondateur du libéralisme catholique britannique moderne. Le rôle joué par Cossiga lors de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro [Premier ministre italien], alors qu’il dirigeait, en tant que ministre de l’Intérieur, la police et les services de renseignement, l’a marqué comme complice, conscient ou inconscient, de ceux qui tiraient les ficelles.