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élection de mi-mandat, Barack Obama, Donald Trump, Jon Husted, Nicki Minaj, Prix nobel de la paix
Et il n’en ressort rien de très positif

Le président Donald J. Trump sillonne les États-Unis en tenant des discours de campagne où il ne cesse de se présenter comme le “plus grand président” de l’histoire du pays, lorsqu’il ne s’emploie pas à salir la réputation de quelqu’un d’autre en recourant à sa manie toute particulière de nourrir la haine. Lors de récentes incursions dans l’arrière-pays, Trump s’est notamment rendu dans le Michigan où il a admiré les fesses bien en vue du candidat sortant au poste de sénateur Jon Husted et de la célèbre rappeuse Nicki Minaj, allant jusqu’à exprimer à son public MAGA, avec un sourire lubrique, à quel point il admire ces atouts physiques. Le président Trump a tenu ces propos incongrus sur l’apparence physique de Nicki Minaj lors d’un rassemblement à Port Huron, dans le Michigan, le dimanche 25 octobre., détournant brièvement l’attention de ses messages de campagne pour les élections de mi-mandat – pour ce qu’ils valent, composés principalement de mensonges sur l’économie.
Le mardi précédent, lors d’un rassemblement à Greenville, en Caroline du Nord, Trump a évoqué Jon Husted en déclarant : “J’étudie son corps. Je n’avais jamais étudié le corps d’un homme auparavant. C’est pas mon truc. Y a rien de mal à ça, bien sûr. Mais j’ai regardé son cul, puis j’ai regardé ses jambes. Je me suis dit : ‘Son cul, merde, c’est comme… c’est comme un gros tas de muscles’”. Après être revenu sur ces récentes remarques à propos du physique de Jon Husted, le sénateur républicain sortant de l’Ohio, Trump a déclaré à Port Huron :“J’ai regardé son cul [celui de Husted]. Je n’avais jamais fait ça avec un homme auparavant. Entre nous, avec des femmes, oui. Avec des hommes, non”.Trump s’est ensuite tourné vers Nicki Minaj, une alliée du président qui avait voyagé à bord d’Air Force One pour assister au rassemblement et y prendre la parole.“Au fait, j’ai vu il y a peu un sacré beau cul”, a déclaré Trump avant de désigner la rappeuse : “Nicki Minaj ! Difficile de le rater ! Lève-toi. Difficile de le rater”.Alors qu’elle se levait sous les acclamations de la foule, le président a levé le poing en signe de victoire.
Quelqu’un croit-il vraiment que ce genre de propos et de comportement devant un rassemblement public conservateur passe toujours bien ? Manifestement non. Compte tenu de messages pour le moins contradictoires, certains candidats républicains auraient même demandé aux organisateurs des événements de Trump de veiller à ce qu’il ne se présente pas à leurs meetings, car des sondages d’opinion réalisés à chaud après ces événements ont montré que les candidats républicains perdent en réalité le soutien des électeurs lorsque le président fait une apparition.
Une chose est sûre, le président américain pique invariablement une crise de rage dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec lui ou cherche ne serait-ce qu’à exprimer une position légèrement critique à l’égard du flot constant d’invectives qui fuse depuis la Maison Blanche. Par conséquent, ceux qui ont le malheur d’occuper des postes clés au sein de l’administration ont appris que “Trump a toujours raison” et qu’exprimer une opinion contraire équivaut au “baiser de la mort” pour ceux qui désirent conserver un salaire et des avantages sociaux substantiels, sans parler des occasions de tirer profit de ce qu’on appelle le “délit d’initié”.
Trump n’hésite pas non plus à dénigrer des nations entières dès qu’il estime avoir été offensé. Dimanche, le président américain Donald Trump a intensifié ses attaques contre la Norvège, la qualifiant de “pays de merde” – un terme déjà utilisé pour parler de Haïti, de la Libye, de la Somalie et du Yémen – et affirmant que les immigrants norvégiens ne sont pas les bienvenus aux États-Unis parce que le comité du prix Nobel, basé dans la capitale Oslo, ne lui a toujours pas décerné le prix annuel de la paix. “Franchement, la Norvège, c’est de la merde. La Norvège est devenue un pays de merde, en fait”, a-t-il déclaré lors de son discours de dimanche.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Trump a souvent évoqué son désir de recevoir le prestigieux prix Nobel de la paix, décerné en son temps au président Barack Obama. L’ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, la Sud-Africaine Navi Pillay, en a été la lauréate cette année, poussant Trump à qualifier le choix du comité de “décision honteuse et embarrassante” avant d’affirmer une nouvelle fois que ce prix aurait dû lui revenir. Il n’est donc pas surprenant que Trump ait déclaré dimanche qu’il accueillera les immigrés de certains pays, mais pas les Norvégiens,“parce que je n’ai pas reçu le prix Nobel. Je ne veux donc pas de Norvégiens”.
Le Département d’État de Trump s’est également récemment vanté d’avoir révoqué 300 000 visas américains déjà émis, tout en renforçant le contrôle des réseaux sociaux pour tous les immigrés et demandeurs de visa. Le gouvernement a invoqué des raisons de sécurité nationale pour cibler les détracteurs et s’est également servi de cas isolés de fraude pour s’en prendre plus largement à des communautés d’immigrés, comme la communauté somalienne du Minnesota, ou encore aux musulmans ailleurs aux États-Unis. La critique d’Israël constitue désormais un motif suffisant pour refuser un visa américain à quelqu’un ou pour révoquer un visa après sa délivrance. Néanmoins, toutes ces mesures relèvent d’une forme de “police de la pensée”.
Certains signes indiquent aussi que les anciens amis des États-Unis, de plus en plus embarrassés par les invectives constantes de Trump et son incapacité à tenir des propos cohérents ou à adopter la même position deux jours d’affilée, sont en train de passer du statut d’alliés à celui de sceptiques. Larry Johnson explique comment l’incapacité apparente de Washington à constituer une véritable assurance en matière de sécurité a des conséquences mondiales. “Lundi, alors que Donald Trump se demandait publiquement s’il fallait ‘conclure un accord’ avec l’Iran ou ‘les anéantir’, quelque chose s’est produit à Téhéran qui aurait dû déclencher l’alerte dans tous les bureaux du Département d’État, à supposer qu’il reste encore quelqu’un là-bas pour l’entendre”.
Selon Johnson,“le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salman, frère du prince héritier, s’est rendu à Téhéran. Il était accompagné du maréchal pakistanais Asim Munir et du chef des services du renseignement turcs, Ibrahim Kalin. Ils se sont entretenus pendant environ deux heures avec le président iranien Masoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le haut responsable de la sécurité Rezaei, qui présidait les discussions. À l’ordre du jour : les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, le détroit d’Ormuz, le blocus américain des ports iraniens et un cadre régional de non-agression. Relisez bien cette liste. Ce sont là les quatre plus grands problèmes de sécurité du golfe Persique. Les pays directement concernés viennent de se réunir pour en discuter. Les États-Unis, présents dans la région avec deux groupes aéronavals, un groupe amphibie de préparation et un blocus, n’étaient pas de la partie. Personne ne semble les avoir regrettés. [Et] voici le plus savoureux. Les trois visiteurs sont les signataires de l’accord de La Mecque, le traité de défense mutuelle que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé le 7 août. L’article 2 stipule qu’une attaque contre l’un d’entre eux est une attaque contre tous. Cet accord a été présenté, du moins dans l’imaginaire de Washington, comme un bouclier sunnite pour le Royaume contre l’Iran et ses alliés au Yémen. Onze semaines plus tard, l’ensemble du bouclier s’est rendu à Téhéran pour discuter de coopération. L’ambassadeur d’Iran au Pakistan a déclaré que Téhéran ‘étudiera’ l’accord, ‘et s’il est bon, nous le soutiendrons’”.
Le texte du traité de La Mecque comprend, fort opportunément, une clause d’adhésion permettant aux nouveaux membres de rejoindre le groupe par consensus des membres existants. Johnson rapporte que les trois membres actuels ont officiellement invité l’Iran à les rejoindre lorsque l’attaque américaine et israélienne contre l’Iran aura pris fin, et que Téhéran a accepté d’adhérer au groupe sur cette base. Les comptes-rendus officiels publiés à l’issue de la réunion ont confirmé la volonté de poursuivre les discussions “entre les quatre”, et l’Iran a une expression pour désigner son objectif : “la sécurité endogène”. Soit une sécurité pour la région du Golfe gérée par les pays du Golfe, sans intervention de quelque nature que ce soit de la 5e flotte américaine ni des forces armées.
Il s’agira assurément d’un nouveau monde où les peuples prendront l’initiative de se défendre eux-mêmes. Peut-être que si Donald Trump avait passé moins de temps à admirer les fesses des autres, à menacer et insulter particuliers et nations entières, et suivre aveuglément les instructions du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le monde serait aujourd’hui un endroit meilleur et plus pacifique.Il faut bien admettre que sans ces interventions “trumpiennes”, ce serait certainement le cas. David Smith, du Guardian, se demande :“Le message d’un président a-t-il jamais été aussi islamophobe, misogyne et raciste, sans parler de carrément déplacé et étrange ? C’est comme regarder un homme vomir le sectarisme qui pourrit son âme depuis des décennies. Juste au moment où l’on croit que Trump a touché le fond, il sort un marteau-piqueur et commence à creuser vers un nouveau sommet de méchanceté”.Espérons que Trump, visiblement incapable d’apprendre quoi que ce soit, finira par entrevoir la lumière et fera marche arrière. Mettre un terme aux guerres et cesser de répandre haine et discorde pourrait être sans aucun une excellente façon d’aborder l’avenir !
Philip M. Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui milite en faveur d’une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l’intérêt national. Son site web est https://councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est inform@cnionline.org.