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Par : Michael Hollister

Le président américain Donald Trump déconcerte par ses déclarations d’intention qui changent rapidement et par ses ordres et déclarations parfois contradictoires. Mais derrière tout cela se cache un plan plus ancien qui n’a pas été « inventé » par Donald Trump. Michael Hollister a mené des recherches approfondies et met en lumière les véritables auteurs de la stratégie américaine.

1. Introduction stratégique

À l’été 2016, la RAND Corporation a publié une étude dont le titre ne trahissait guère la froideur analytique de son contenu : « War with China – Thinking Through the Unthinkable ». David Gompert, ancien directeur par intérim du renseignement national, et ses coauteurs ont modélisé sur 116 pages quatre scénarios de conflit – de faible et forte intensité, de courte et longue durée – sur deux périodes de référence : 2015 et 2025. L’étude n’était pas une menace. C’était un état des lieux. Et elle contenait une conclusion qui, depuis lors, ne manque plus dans aucune discussion stratégique sérieuse : d’ici 2025, selon RAND, une guerre avec la Chine serait « intense, hautement destructrice et pourtant prolongée » – coûteuse en vies humaines pour les deux camps, sans vainqueur clair, avec des pertes calculables uniquement si on parvient à l’éviter.

D’ici 2025. Écrit en 2016.
Nous sommes en 2026.

Quiconque a observé la politique étrangère américaine au cours des dix-huit derniers mois sans consulter le calendrier a manqué l’essentiel. L’opération Absolute Resolve au Venezuela, l’opération Epic Fury contre l’Iran, le blocus sélectif du détroit d’Ormuz, les sanctions contre Hengli Petrochemical, l’arrêt de la Cour constitutionnelle concernant CK Hutchison au Panama, les manœuvres Balikatan à Luzon, le renforcement du Quad et de l’AUKUS, le transfert de la charge au-delà de l’objectif des 5 % fixé lors du sommet de l’OTAN à La Haye – tout cela apparaît dans la couverture médiatique quotidienne comme une succession d’événements isolés, orchestrés par un président imprévisible et son ministre de la Défense.

C’est tout le contraire. Il s’agit de la mise en œuvre d’un plan qui a été consigné dans plus de 30 études rédigées entre 2014 et 2026 par douze grands think tanks américains . Ce que l’administration Trump met en œuvre depuis janvier 2025, c’est la liste des recommandations de la RAND, du Council on Foreign Relations, de la Heritage Foundation, de l’Atlantic Council, du Center for a New American Security, Center for Strategic and International Studies, Center for Strategic and Budgetary Assessments, Brookings, Carnegie Endowment, Quincy Institute, International Institute for Strategic Studies et American Enterprise Institute – traitées dans un ordre dicté par la fenêtre temporelle identifiée par Gompert en 2016.

Cette analyse retrace comment le collectif d’architectes issu du complexe des think tanks américains a développé la stratégie de confinement contre la Chine, quelles sont les sept recommandations qui se retrouvent dans toutes les études, et comment ces recommandations réapparaissent mot pour mot dans les documents stratégiques de l’administration Trump – Stratégie de sécurité nationale de décembre 2025, Stratégie de défense nationale de janvier 2026. Elle montre à quels égards ces recommandations sont déjà une réalité opérationnelle. Ce que Trump mettra ensuite en œuvre – et quel mécanisme guide la main qui s’y emploie – sera alors le sujet de la deuxième partie.

Ceux qui ont lu l’opération Pivot du 1er février 2026 connaissent la thèse. En voici la preuve.

2. Collectif d’architectes : qui sont ces douze personnes ?

Douze think tanks, plus de 30 études, une période de douze ans. La liste n’est pas une sélection arbitraire. Elle comprend les douze institutions qui, depuis 2014, dominent le débat stratégique sur la Chine à Washington – en termes de tirage, de personnel faisant la navette entre le Pentagone et la recherche, et de fréquence de citation dans les documents gouvernementaux.

En tête se trouve la RAND Corporation, fondée en 1948 en tant que think tank interne de l’US Air Force, qui dispose aujourd’hui de centres de recherche à Santa Monica, Pittsburgh et Bruxelles. Entre 2015 et 2025, RAND a publié au moins neuf études sur la question chinoise, allant de « U.S.-China Military Scorecard » d’Eric Heginbotham en 2015 à « War with China » de Gompert en 2016, « Conflict with China Revisited » en 2017, « China’s Quest for Global Primacy » en 2021, jusqu’à « U.S. Military Theories of Victory for a War with the PRC » en 2024 et « Economic Deterrence in a China Contingency » en 2025. Le personnel de la RAND passe régulièrement des postes de recherche à des fonctions gouvernementales – Gompert lui-même a été directeur par intérim du renseignement national de 2009 à 2010.

En 2015, le Council on Foreign Relations (CFR) a publié, avec « Revising U.S. Grand Strategy Toward China » de Robert Blackwill et Ashley Tellis, le document de référence qui a marqué le tournant analytique de l’engagement vers la contenance au sein de l’élite de la politique étrangère américaine. Blackwill, ancien ambassadeur en Inde et conseiller adjoint à la sécurité nationale sous Bush, y a ajouté en 2020 un guide de mise en œuvre concret avec « Implementing Grand Strategy Toward China ».

La Heritage Foundation est le pont institutionnel entre la sphère politique conservatrice et l’administration Trump. « The Prioritization Imperative » de 2024, rédigé entre autres par Alex Velez-Green, formule l’idée centrale qui se retrouve aujourd’hui dans la Stratégie de défense nationale (NDS) : L’armée américaine ne pouvant plus mener deux grandes guerres simultanément, Washington doit contraindre ses alliés en Europe, au Proche-Orient et en Corée à assumer eux-mêmes le fardeau principal face à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord – afin que toutes les ressources américaines restent disponibles pour la Chine ( ). Le chapitre « TIDALWAVE » du rapport Heritage de 2026 étend cette logique aux simulations de guerre assistées par l’IA en vue d’un conflit avec la Chine.

Avec son rapport intitulé « Global Strategy 2021 : An Allied Strategy for China », l’Atlantic Council a proposé une version compatible avec l’OTAN : l’endiguement en tant que projet transatlantique. Le Center for a New American Security (CNAS), fondé en 2007 en tant que think tank à tendance démocrate qui, grâce à des conseillers d’Obama, est devenu un pont vers le Pentagone, a produit au moins cinq études pertinentes entre 2014 et 2025 – de « Counterbalance: Red Teaming the Rebalance in the Asia-Pacific » en 2016 à « Rising to the China Challenge » en 2020. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) présente, avec « Defining the Diamond » en 2020, l’architecture du Quad et, avec « The 2026 NDS by the Numbers », sa propre vérification des documents du gouvernement Trump.

À cela s’ajoute le Center for Strategic and Budgetary Assessments (CSBA) avec « Preserving the Balance: A U.S. Eurasia Defense Strategy » d’Andrew Krepinevich en 2017 – le modèle intellectuel de la logique de la « première chaîne d’îles comme barrière ».

Des voix spécialisées viennent compléter ce cadre central. Brookings, traditionnellement de centre gauche, a produit depuis 2020 au moins trois études substantielles sur la Chine avec Lindsey Ford, Ryan Hass et Michael O’Hanlon. Le Carnegie Endowment apporte des contre-arguments critiques avec les travaux de Michael Swaines sur la FOIP et « Legacy or Liability » de Chris Chivvis (2025). Le Quincy Institute, fondé en 2019 pour apporter une voix réaliste et modérée, appelle à la modération avec « Active Denial » de Rachel Esplin Odell (2022) – mais est stratégiquement sollicité là où une logique défensive et restrictive est requise. L’International Institute for Strategic Studies (IISS) fournit les analyses de situation avec ses « Asia-Pacific Regional Security Assessments » annuels. L’American Enterprise Institute (AEI) apporte la contribution américaine continentale avec les travaux de Roger Noriega sur la stratégie énergétique hémisphérique.

Ce qui relie ces douze institutions, c’est la « porte tournante ». Eric Heginbotham, auteur RAND de la série « Scorecard », travaillait auparavant au National Bureau of Asian Research et a occupé un poste au sein du département Net Assessment de l’Office of the Secretary of Defense. David Gompert a été Senior Fellow à la RAND, conseiller principal pour la sécurité nationale au sein de l’Autorité provisoire de la coalition en Irak, puis directeur par intérim du renseignement national de 2009 à 2010. Cristina Garafola, co-auteure de l’étude RAND de 2016, a travaillé de 2017 à 2019 au sein du Bureau du secrétaire à la Défense sur la mise en œuvre de la stratégie de défense nationale et de la stratégie indo-pacifique.

L’exemple le plus marquant de ce mouvement de va-et-vient est Elbridge Colby. En tant que coauteur de la ligne « Prioritization Imperative » et ancien chef de la stratégie au Pentagone sous le premier mandat de Trump, Colby a préparé pendant plus de dix ans, à travers des études, des essais et des publications, le travail analytique qui apparaît aujourd’hui comme doctrine officielle dans la Stratégie de défense nationale (NDS) de janvier 2026. Son livre « The Strategy of Denial », publié en 2021, expose la logique que Hegseth met désormais en œuvre. Quiconque lit la NDS retrouve en grande partie le langage de Colby.

Robert Blackwill, auteur CFR de l’étude de fond de 2015, a été ambassadeur en Inde et conseiller adjoint à la sécurité nationale sous Bush. Ashley Tellis, son coauteur, a été directeur principal au Conseil de sécurité nationale et est aujourd’hui chercheur principal à Carnegie. Alex Velez-Green, coauteur de l’étude « Prioritization Imperative » pour Heritage, travaille désormais comme conseiller principal au ministère de la Défense de Hegseth. La liste pourrait s’allonger.

Ces liens personnels ne relèvent pas de la corruption – c’est ainsi que fonctionne l’appareil stratégique américain. Les études sont souvent rédigées par les mêmes personnes qui, par la suite, sont chargées de leur mise en œuvre lorsqu’elles occupent des postes au sein du gouvernement. Le passage de la recommandation à la doctrine ne passe pas par des débats parlementaires ou des consultations publiques, mais par les parcours professionnels d’une couche relativement restreinte d’analystes stratégiques qui font la navette entre les chaires des think tanks et les bureaux du Pentagone.

3. Les sept recommandations qui se recoupent

En comparant plus de 30 études issues de douze think tanks et en filtrant les recommandations récurrentes, on identifie sept catégories qui apparaissent de manière identique ou quasi identique dans l’ensemble de la littérature. Elles constituent le squelette de la stratégie de confinement.

Premièrement : renforcer l’architecture de l’alliance dans la région indo-pacifique. RAND (« China’s Quest for Global Primacy », 2021), CFR (Blackwill/Tellis 2015), Atlantic Council 2021, CSIS 2020, IISS APRSA 2022/2023 – tous recommandent le développement d’un cercle d’alliances renforcé : Quad (États-Unis, Japon, Australie, Inde), AUKUS (États-Unis, Royaume-Uni, Australie), approfondissement des relations bilatérales avec les Philippines, la Corée du Sud, le Vietnam et Taïwan. L’objectif : un réseau militairement exploitable le long de la première et de la deuxième chaînes d’îles, qui limite la liberté de mouvement de la Chine dans la région. Situation actuelle : en cours depuis 2025 avec une intensité élevée, comme en témoignent notamment des manœuvres telles que Balikatan 2026 (17 000 soldats, sept nations).

Deuxièmement : freiner la Chine sur le plan technologique. RAND (« U.S.-China Military Scorecard » 2015, « Theories of Victory » 2024), CNAS (« Rising to the China Challenge » 2020), Heritage (« Winning the New Cold War »), Brookings (Hass 2020) – les recommandations vont des contrôles à l’exportation de semi-conducteurs aux restrictions en matière d’IA, en passant par les limitations concernant la technologie quantique et la 5G/6G. Situation actuelle : en vigueur. Depuis janvier 2026, le Bureau of Industry and Security du département américain du Commerce impose une majoration de 25 % sur les réexportations de puces avancées telles que les H200 et les MI325X. En février 2026, Applied Materials a versé 165 millions de dollars à titre de règlement pour des réexportations. Hengli Petrochemical Dalian ainsi qu’une quarantaine d’autres navires et entreprises ont été sanctionnés en avril 2026.

Troisièmement : le transfert de la charge vers les alliés. Heritage (« Prioritization Imperative », 2024) le formule de la manière la plus tranchée : l’armée américaine n’est plus capable que de mener une seule grande guerre. Les alliés en Europe, au Proche-Orient et dans la péninsule coréenne doivent donc assumer eux-mêmes la charge régionale, avec un « soutien américain essentiel mais limité ». Cette logique se retrouve mot pour mot dans la NDS de janvier 2026 et dans la NSS de décembre 2025 (« burden-sharing network »). Situation : sommet de l’OTAN à La Haye en juin 2025 – décision de consacrer 5 % du PIB à la défense, 31 États sur 32 ont signé. Le gouvernement fédéral allemand a augmenté son budget de défense en conséquence.

Quatrièmement : la première chaîne d’îles comme barrière. RAND « Conflict with China Revisited » 2017, CSBA Krepinevich 2017, CSIS 2020, NSS de décembre 2025, NDS de janvier 2026. Le choix des termes se recoupe presque parfaitement. La NSS de décembre 2025 stipule : « Nous construirons une armée capable de repousser toute agression n’importe où dans la première chaîne d’îles. » La NDS de janvier 2026 : « nous mettrons en place une défense de déni solide le long de la première chaîne d’îles (FIC). » Il s’agit là d’une reprise directe du langage de RAND/CSBA. Le point sur la situation : système de capacité à moyenne portée en déploiement permanent ( ) dans le nord de Luzon, NMESIS lors de Balikatan 2026, négociations en cours avec le Vietnam et les Philippines concernant des bases.

Cinquièmement : dissuasion économique et planification des sanctions. L’étude centrale en la matière est celle de RAND intitulée « Economic Deterrence in a China Contingency » (2025). Elle modélise la manière dont les sanctions américaines et alliées pourraient paralyser la Chine en cas de conflit – approvisionnement en pétrole, livraisons de semi-conducteurs, connexion SWIFT, réserves de devises. Heritage et le CFR fournissent des concepts parallèles. État d’avancement : les préparatifs sont en cours, les sanctions contre Hengli (24 avril 2026) constituant les premières applications concrètes visibles. Le blocus sélectif du détroit d’Ormuz à partir d’avril 2026 frappe les importations chinoises de pétrole avec une charge supplémentaire de 15 à 20 % – après les 5 % déjà coupés par l’opération « Absolute Resolve » au Venezuela. L’étude RAND « Economic Deterrence in a China Contingency » va plus loin dans sa modélisation que ne le perçoivent la plupart des analyses secondaires. Elle distingue la « dissuasion par le déni » de la « dissuasion par la punition » et conclut que les sanctions américaines n’ont d’effet significatif que si elles sont mises en place avant un conflit et déclenchées de manière coordonnée avec les alliés en cas de conflit. Selon RAND, des sanctions américaines unilatérales ne feraient que contraindre la Chine à réorienter ses chaînes d’approvisionnement – une mesure douloureuse, mais pas décisive. Le levier décisif serait l’UE plus le Japon plus la Corée du Sud plus l’Australie plus l’Inde. Cette logique se retrouve presque mot pour mot dans la NSS de décembre 2025, qui évalue le réseau d’alliances américain comme un bloc économique doté d’une puissance économique supplémentaire de 35 000 milliards de dollars – contre un peu moins de 18 000 milliards pour la Chine. Les sanctions contre Hengli du 24 avril 2026 constituaient à cet égard un test : non pas parce que Hengli Petrochemical Dalian serait d’une importance vitale pour la Chine, mais parce que ces sanctions devaient permettre de tester le bon fonctionnement du mécanisme coordonné avec les partenaires européens dans des conditions réelles.

Sixièmement : renforcer la base économique et industrielle de défense des États-Unis. RAND, Heritage, CSBA, USAWC Press 2024 – tous plaident en faveur de la relance de la production américaine de munitions et de navires. Heritage estime que la marine de l’Armée populaire de libération est passée de 271 à 328 navires entre 2012 et 2024, tandis que la marine américaine stagne à un peu moins de 290. La NDS de janvier 2026 mentionne littéralement cette exigence comme quatrième axe d’action : « Supercharge the U.S. Defense Industrial Base. » Le statut : National Defense Authorization Act 2026 avec des budgets colossaux pour le Golden Dome, la modernisation nucléaire et la production de munitions.

Septièmement : la dépendance énergétique de la Chine comme levier stratégique. Cette recommandation est une synthèse de plusieurs sources – elle n’apparaît pas de manière aussi explicite dans une seule étude phare, mais se retrouve dans Heritage TIDALWAVE 2026 (qui qualifie la dépendance de la Chine vis-à-vis des importations de pétrole de « vulnérabilité fondamentale » et identifie l’Iran comme principal fournisseur), AEI Noriega sur la stratégie énergétique hémisphérique, RAND « Economic Deterrence » 2025 et la logique de plusieurs études du CSIS. La série « Suivez le pétrole » sur http://www.michael-hollister.com a développé cette composante dans les parties 1 et 2. Le point de la situation : l’opération « Absolute Resolve » au Venezuela a coûté à la Chine environ 5 % de son approvisionnement en pétrole, l’opération « Epic Fury » et le blocus sélectif du détroit d’Ormuz 15 à 20 % supplémentaires. La Chine importe aujourd’hui plus de 70 % de son pétrole par voie maritime – et Washington contrôle la plupart des nœuds stratégiques. L’ampleur de cet effet de levier est chiffrée avec précision dans les études. Dans le cadre de son projet de simulation basé sur l’IA, Heritage TIDALWAVE 2026 a explicitement évalué la composante iranienne : en août 2024, l’Iran exportait environ 1,5 million de barils de pétrole brut par jour vers la Chine – soit plus d’un cinquième du total des importations chinoises en provenance du golfe Persique. Selon les conclusions d’Heritage, une interruption de ces livraisons limiterait immédiatement la capacité de la Chine à mener des opérations de combat prolongées ( ). L’opération Epic Fury a précisément visé cet aspect en détruisant les installations nucléaires iraniennes – non seulement comme mesure de non-prolifération nucléaire, mais aussi comme coup porté à la politique énergétique du complexe militaro-industriel chinois. Heritage formule ce lien en une phrase qui révèle la densité stratégique de l’étude : « Disruption of those imports would immediately restrict the PRC’s capacity for sustained combat – an insight that has direct policy implications. » Traduit : ce qui ressemble à une politique vis-à-vis de l’Iran est en réalité une politique vis-à-vis de la Chine par d’autres moyens. Et l’administration Trump a mis en œuvre cette traduction en février 2026.

Sept recommandations, douze think tanks, plus de 30 études. Ce qui apparaît comme une diversité analytique est, au fond, une convergence intellectuelle remarquable.

4. Du document stratégique à la doctrine

À Washington, les documents stratégiques sont traditionnellement des compromis. Ils ne reflètent pas l’analyse la plus pointue, mais le plus petit dénominateur commun entre la présidence, le Pentagone, le Département d’État et les services de renseignement. Quiconque compare la Stratégie de sécurité nationale de 2017 à celle de 2022 constate le grand écart : un langage prudent, des définitions larges, aucune précision trop concrète.

La NSS de décembre 2025 et la NDS de janvier 2026 rompent avec cette tradition. Elles sont non seulement plus courtes que leurs prédécesseurs – la NDS compte 34 pages contre 80 sous Biden –, mais elles reprennent aussi de manière beaucoup plus claire le langage des think tanks. Quiconque a lu les études perçoit les documents stratégiques comme des actes d’exécution.

L’exemple le plus frappant est celui de la première chaîne d’îles. La NSS de décembre 2025 stipule : « Nous construirons une armée capable de repousser toute agression n’importe où dans la première chaîne d’îles. Mais l’armée américaine ne peut pas, et ne devrait pas avoir à le faire seule. » La NDS de janvier 2026 ajoute : « Nous mettrons en place une défense de déni solide le long de la première chaîne d’îles (FIC). Nous exhorterons et aiderons également nos principaux alliés et partenaires régionaux à faire davantage pour notre défense collective. » Le choix des termes – « repousser toute agression », « défense de déni » – correspond au langage utilisé par la RAND dans le « Scorecard » de Heginbotham de 2015 et dans « Preserving the Balance » de Krepinevich de 2017. Il ne s’agit pas seulement d’une ligne conceptuelle identique, mais d’une reprise directe sur le plan linguistique.

La formulation concernant la Russie est encore plus claire. La NDS de janvier 2026 classe la Russie en ces termes : « La Russie restera une menace persistante mais gérable pour les membres orientaux de l’OTAN dans un avenir prévisible. » Cette formulation – « menace persistante mais gérable » – est le reflet linguistique exact de la logique de Heritage tirée de « The Prioritization Imperative » de 2024 : La Russie n’est plus la principale menace militaire contre laquelle l’armée américaine doit se positionner. La Russie est maîtrisable. La tâche principale se déplace vers l’Asie. Heritage avait formulé exactement cette idée en 2024 comme une nécessité stratégique. La NDS en fait une doctrine en 2026.

Troisièmement, le paradigme de l’engagement. La NSS de décembre 2025 résume en une seule phrase le tournant analytique que Robert Blackwill et Ashley Tellis avaient formulé en 2015 dans « Revising U.S. Grand Strategy Toward China ». Les administrations précédentes, écrit la Maison Blanche, auraient cru qu’« en ouvrant nos marchés à la Chine, en encourageant les entreprises américaines à investir en Chine et en délocalisant notre production vers la Chine, nous faciliterions l’entrée de la Chine dans ce qu’on appelle l’ordre international fondé sur des règles ». S’ensuit la pointe caractéristique du langage de Trump : « Cela ne s’est pas produit. La Chine est devenue riche et puissante, et a utilisé sa richesse et son pouvoir à son avantage considérable. » Il ne s’agit pas seulement, sur le fond, de la ligne du CFR. Sur le plan linguistique, c’est la reprise d’un diagnostic qui, pendant dix ans, a été considéré comme trop radical dans le débat américain sur la Chine – et qui figure désormais dans le document stratégique officiel des États-Unis.

Quatrièmement, le problème de la simultanéité. Heritage 2024 l’avait formulé sans ambiguïté : l’armée américaine n’est plus en mesure de mener plusieurs grandes guerres simultanément – elle n’est même pas sûre de pouvoir en gagner une seule contre l’adversaire le plus coriace. La NDS de janvier 2026 consacre un chapitre entier à ce constat, intitulé « The Simultaneity Problem and Implications for Allied Burden-Sharing ». Elle reprend la logique de Heritage dans toute son ampleur : comme Washington ne peut pas couvrir tous les théâtres d’opérations simultanément, les alliés en Europe, au Proche-Orient et en Corée doivent assumer eux-mêmes la majeure partie des charges régionales. En 2024, Heritage avait formulé précisément cet argument comme un devoir analytique. Le Pentagone le reprend en 2026 comme une nécessité opérationnelle – avec pour seule modification que Hegseth utilise un langage plus incisif et plus politique que les auteurs de Heritage.

Cinquièmement, les corridors énergétiques. La NSS de décembre 2025 mentionne explicitement trois points nodaux dans la section consacrée au Moyen-Orient : « que le détroit d’Ormuz reste ouvert, que la mer Rouge reste navigable » – et ajoute le canal de Panama dans la section consacrée à l’hémisphère. Ce sont les trois goulets d’étranglement par lesquels transite une part considérable des importations chinoises de pétrole. Le rapport RAND « Economic Deterrence in a China Contingency » de 2025, le rapport Heritage TIDALWAVE de 2026 et les travaux de Noriega à l’AEI sur la stratégie énergétique hémisphérique avaient identifié ces points nodaux comme des leviers centraux. La NSS en fait des intérêts américains fondamentaux déclarés.

Les quatre axes d’action de la NDS – « Défendre le territoire américain », « Dissuader la Chine dans la région indo-pacifique par la force, et non par la confrontation », « Accroître le partage des charges avec les alliés et partenaires des États-Unis », « Renforcer la base industrielle de défense américaine » – suivent presque à la lettre le schéma de Heritage. Heritage 2024 avait exigé : protéger le territoire national, donner la priorité à la Chine dans la région indo-pacifique, responsabiliser les alliés sur d’autres théâtres d’opérations, reconstruire la base industrielle. La NDS a fait de ces quatre points son architecture officielle.

Le langage « supercharger » de la quatrième ligne d’effort est un indice en soi. Il n’apparaît ainsi dans aucune doctrine stratégique antérieure. Il s’agit d’une innovation linguistique qui provient directement du vocabulaire de Trump – et qui se retrouve désormais dans un document officiel du Pentagone. Celui qui lit la NDS ne lit pas l’œuvre d’un état-major neutre du Pentagone. Il lit la stratégie d’un appareil politique qui a formulé les recommandations des think tanks dans le langage propre à Trump.

Le point culminant symbolique de cette fusion : en septembre 2025, le Département de la Défense a été rebaptisé Département de la Guerre par décret présidentiel. La NDS de janvier 2026 est la première doctrine stratégique des États-Unis depuis 1947 à être publiée sous l’en-tête du ministère de la Guerre. Hegseth ouvre son mémorandum à la page 1 par trois mots en gras : « America First. Peace Through Strength. Common Sense. » Ce n’est pas le langage d’un appareil bureaucratique de défense. C’est le langage d’un mouvement qui a sa stratégie – et qui la met désormais en œuvre.

5. Cartographie : ce qui est déjà une réalité opérationnelle

Les sept recommandations peuvent être transposées en opérations concrètes depuis janvier 2025. L’image qui en ressort n’est pas une mosaïque de cas isolés. Il s’agit de la mise en œuvre systématique des listes de recommandations.

Architecture de l’alliance indo-pacifique : sommet du Quad en septembre 2025 avec un format élargi de sécurité maritime. Approfondissement de l’AUKUS avec les premières livraisons de composants de sous-marins à l’Australie. Manœuvres Balikatan 2026 en avril avec 17 000 soldats et sept nations participantes – niveau d’un grand exercice régional. Le NMESIS (Navy Marine Expeditionary Ship Interdiction System) a été déployé de manière permanente dans le nord de Luzon, un système de capacité à moyenne portée. Le Vietnam et les Philippines négocient un accès élargi aux ports. Accord avec la Corée du Sud sur la « responsabilité principale de dissuader la Corée du Nord » inscrit dans la NDS. L’ampleur de cette consolidation se mesure à l’aune des flux de matériel. La phase 1 de l’AUKUS prévoit la vente de trois à cinq sous-marins d’occasion de classe Virginia à l’Australie entre 2032 et 2035 ; les premières formations des équipages australiens sur les bases américaines ont débuté en 2025. Les bases EDCA aux Philippines sont passées de quatre à neuf, la plupart d’entre elles ayant un accès direct au détroit de Bashi et à la mer de Chine méridionale. Le Japon a commandé 400 missiles de croisière Tomahawk, dont la livraison est prévue d’ici 2027.

Frein technologique : extension du contrôle des exportations de semi-conducteurs à compter du 15 janvier 2026 – H200 et MI325X soumis à une surtaxe de 25 % versée au Trésor public en cas de réexportation. Accord à l’amiable de 165 millions de dollars conclu par Applied Materials en février 2026 pour réexportations non autorisées. Les livraisons néerlandaises d’ASML restent restreintes. Durcissement de la politique d’octroi de licences pour les puces d’IA par le Bureau of Industry and Security.

Répartition des charges : décision de l’OTAN à La Haye des 24 et 25 juin 2025 – norme de 5 % du PIB, dont 3,5 % pour la défense de base et 1,5 % pour les dépenses liées à la sécurité. 31 des 32 États membres de l’OTAN ont signé. Renforcement du fonds spécial de la Bundeswehr, dépenses d’armement polonaises supérieures à 5 %. Le Japon et la Corée du Sud ont été expressément tenus, dans la NDS, d’assumer une responsabilité accrue. L’Arabie saoudite et Israël se voient confier, dans la section « Moyen-Orient » de la NDS, la « responsabilité principale » du confinement de l’Iran.

Première chaîne d’îles : système de capacité à moyenne portée Nord Luzon, NMESIS Balikatan, Marine Corps Force Design 2030 en cours de mise en œuvre. La NDS a fait de l’expression « défense de déni le long de la FIC » une doctrine officielle. Des négociations sur les bases avec les Philippines – extension de l’EDCA – sont en cours. Le Japon renforce ses composants Aegis Ashore. L’Australie accueille les premiers entraînements de sous-marins AUKUS.

Dissuasion économique : Hengli Petrochemical Dalian et environ 40 navires et entreprises ont été sanctionnés le 24 avril 2026. Le blocus sélectif de l’Ormuz, en vigueur depuis le 13 avril 2026, affecte les importations chinoises de pétrole à hauteur de 15 à 20 %. L’opération « Absolute Resolve » a réduit les exportations de pétrole du Venezuela vers la Chine d’environ 5 %. Les droits de douane de Trump contre la Chine s’élèvent actuellement à 145 %. Des discussions sont en cours au sein du SWIFT en vue d’exclure la Chine en cas de conflit. L’ampleur des sanctions contre Hengli du 24 avril 2026 mérite d’être précisée : elles ont touché Hengli Petrochemical Dalian – l’une des plus grandes raffineries intégrées de Chine avec une capacité d’environ 400 000 barils par jour – ainsi que 38 autres navires et sociétés écrans actifs dans le commerce iranien de pétroliers fantômes. Le blocus sélectif du détroit d’Ormuz a touché, au cours des deux premières semaines suivant le 13 avril 2026, environ 1,2 à 1,5 million de barils d’importations chinoises quotidiennes – des ordres de grandeur qui correspondent au régime de sanctions du département du Trésor américain ( ) contre la Banque centrale iranienne, sans que Washington ait à proclamer un blocus total ouvert.

Base industrielle : National Defense Authorization Act 2026 avec un financement pluriannuel pour la production de munitions. Golden Dome Missile Defense en cours de commande. Modernisation de la triade nucléaire entièrement financée. Premières extensions de capacité des chantiers navals à Norfolk et Pascagoula en préparation. La relocalisation de la production de semi-conducteurs avec TSMC en Arizona et Samsung au Texas est en cours de mise en œuvre – cette dernière connaissant toutefois des retards que Heritage avait explicitement critiqués en 2024. La NDAA 2026 a alloué environ 25 milliards de dollars au seul programme Golden Dome pour les trois premiers exercices budgétaires, avec des fonds supplémentaires pour les capteurs et les intercepteurs spatiaux. La modernisation de la triade nucléaire – ICBM Sentinel, SSBN de classe Columbia, B-21 Raider – reste entièrement financée, malgré les dépassements de coûts du programme Sentinel, que le Pentagone avait publiquement reconnus à l’été 2024. Production de munitions : le rythme de production des obus d’artillerie de 155 mm est passé de 14 000 par mois en 2022 à environ 90 000 par mois d’ici fin 2025 – soit une multiplication par six, motivée à la fois par le conflit en Ukraine et par la demande explicite de RAND et Heritage de constituer des réserves de munitions en vue d’un conflit avec la Chine.

Levier énergétique : opération Epic Fury contre l’Iran à partir du 28 février 2026 – Khamenei père tué, installations nucléaires détruites, l’opération Midnight Hammer désigne les frappes ciblées sur les sites nucléaires. L’attaque contre l’Iran est explicitement mentionnée dans le NDS de janvier 2026 : « Aujourd’hui, le régime iranien est plus faible et plus vulnérable qu’il ne l’a été depuis des décennies. » Le blocus sélectif du détroit d’Ormuz affecte les importations chinoises. L’opération Absolute Resolve au Venezuela affecte les importations chinoises. L’arrêt de la Cour constitutionnelle du Panama concernant CK Hutchison déclare les concessions portuaires inconstitutionnelles – l’équivalent du canal de Suez pour le commerce entre la Chine et l’Amérique latine est à portée des États-Unis. Les ordres de grandeur peuvent être documentés de manière objective. Avant l’opération Absolute Resolve, les exportations de pétrole du Venezuela vers la Chine s’élevaient à environ 500 000 barils par jour – via des structures intermédiaires repérées par Reuters, car formellement sanctionnées. Avec l’arrestation de Maduro et la prise de contrôle de la société d’État PDVSA par une administration de transition, ce flux est de facto interrompu. Les exportations de pétrole iranien vers la Chine s’élevaient, avant l’opération « Epic Fury », à environ 1,5 million de barils par jour. Ces deux volumes combinés représentent environ 12 à 14 % du total des importations chinoises de pétrole brut. Si le blocus sélectif du détroit d’Ormuz déclenche une deuxième vague – ciblant spécifiquement les pétroliers à destination de la Chine –, la pression s’accentuera sur des éléments que Heritage a identifiés, dans sa simulation TIDALWAVE, comme critiques pour la capacité de guerre de la Chine.

Sept catégories, des dizaines d’opérations, un horizon temporel de dix-huit mois. Quiconque prétend qu’il s’agit d’improvisation n’a soit pas lu les études, soit pas lu les documents – soit refuse de voir le lien.

6. Conclusion

Ce qui est interprété comme une improvisation de Trump est en réalité une exécution. L’architecture est en place depuis 2015, le langage est disponible depuis 2017, les opérations suivent un ordre dicté par le calendrier de RAND. L’administration Trump n’a pas inventé ces études. Elle les met en œuvre. (Souligné par la rédaction.)

Mais la question demeure : pourquoi maintenant ? Pourquoi à ce rythme ? Pourquoi en abandonnant les moyens diplomatiques qui, sous Biden, étaient encore préservés, du moins formellement ?

La réponse ne réside pas dans le caractère de Trump. Elle réside dans une horloge qui tourne à Washington. En 2016, RAND a modélisé la fenêtre temporelle jusqu’en 2025. Cette fenêtre se fermera en 2026. Ce qui ne sera pas prêt d’ici mi-2027 ne le sera plus jamais. Et elle repose sur une monnaie qui n’existe pas encore – mais dont la préparation à Shanghai, Moscou, Brasília et Riyad se concrétise à chaque conférence des BRICS.

Quels outils attendent encore dans la boîte – Cuba, l’île de Kharg, Taïwan – et quel mécanisme guide la main qui les saisit, tel sera le sujet de la deuxième partie dans les prochains jours.

Michael Hollister a été soldat dans la Bundeswehr pendant six ans (SFOR, KFOR) et jette un regard en coulisses sur les stratégies militaires. Fort de 14 ans d’expérience dans le domaine de la sécurité informatique, il analyse, à partir de sources primaires, la militarisation européenne, la politique d’intervention occidentale et les changements de rapports de force géopolitiques. Son travail se concentre notamment sur la région asiatique, en particulier l’Asie du Sud-Est, où il étudie les dépendances stratégiques, les zones d’influence et les architectures de sécurité. Hollister allie une vision interne opérationnelle à une critique sans concession des systèmes – au-delà du journalisme d’opinion. Ses travaux sont publiés en deux langues sur www.michael-hollister.com, sur Substack ainsi que dans des médias critiques des pays germanophones et anglophones.

Bibliographie

Documents gouvernementaux américains

La Maison Blanche : Stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, décembre 2025. https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/12/2025-National-Security-Strategy.pdf

Département de la Guerre : Stratégie de défense nationale 2026, 23 janvier 2026. https://media.defense.gov/2026/Jan/23/2003864773/-1/-1/0/2026-NATIONAL-DEFENSE-STRATEGY.PDF

Analyses secondaires sur la NSS et la NDS

Ashley Roque, Aaron Mehta : « Le Pentagone publie sa stratégie de défense nationale, avec la défense du territoire national comme priorité absolue. » Breaking Defense, 23 janvier 2026. https://breakingdefense.com/2026/01/national-defense-strategy-hegseth-pentagon-western-hemisphere/

Atlas Institute for International Affairs : « La stratégie de défense nationale 2026 – Décrypter les priorités du Pentagone. » Février 2026. https://atlasinstitute.org/the-2026-national-defense-strategy-decoding-the-pentagons-priorities/

Brookings Institution : « Breaking down Trump’s 2025 National Security Strategy. » Février 2026. https://www.brookings.edu/articles/breaking-down-trumps-2025-national-security-strategy/

DefenseScoop : « La nouvelle stratégie de défense américaine « mentionne à peine la technologie ». » 26 janvier 2026. https://defensescoop.com/2026/01/26/2026-national-defense-strategy-trump-hegseth-nds/

Lawfare : « L’administration Trump publie la stratégie de sécurité nationale 2025. » 5 décembre 2025. https://www.lawfaremedia.org/article/trump-administration-releases-2025-national-security-strategy

USNI News : « Stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour 2025 ». 5 décembre 2025. https://news.usni.org/2025/12/05/2025-u-s-national-security-strategy

Small Wars Journal (Arizona State University) : « Stratégie de défense nationale 2026 ». 24 janvier 2026. https://smallwarsjournal.com/2026/01/24/2026-national-defense-strategy/

The Washington Post : « La nouvelle stratégie de défense du Pentagone retire les forces à l’étranger pour se concentrer sur le territoire national. » 24 janvier 2026. https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/01/24/pentagon-national-defense-strategy-russia-china-hegseth/

Département de la Guerre / Military.com : « Le Département de la Guerre publie sa stratégie de défense nationale – La sécurité intérieure au premier plan. » 23 janvier 2026. https://www.military.com/feature/2026/01/23/department-of-war-releases-national-defense-strategy-homeland-forefront.html

RAND Corporation

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Heritage Foundation

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Heritage Foundation : « Heritage Unveils Comprehensive Defense Strategy for Incoming Presidential Administration ». Communiqué de presse, août 2024. https://www.heritage.org/press/heritage-unveils-comprehensive-defense-strategy-incoming-presidential-administration

Heritage Foundation : TIDALWAVE – Avant-propos. Janvier 2026. https://www.heritage.org/tidalwave/introduction/foreword

Think tanks et études

RAND Corporation : The U.S.-China Military Scorecard (Heginbotham et al., 2015) RAND Corporation : Conflict with China Revisited (Heginbotham, Heim et al., 2017) RAND Corporation : La quête de la suprématie mondiale de la Chine (Scobell et al., 2021) RAND Corporation : Théories militaires américaines de la victoire dans une guerre contre la République populaire de Chine (2024) RAND Corporation : La dissuasion économique dans le cadre d’une situation d’urgence avec la Chine (2025) Council on Foreign Relations : Réviser la grande stratégie américaine envers la Chine (Blackwill, Tellis, 2015) Council on Foreign Relations : Mettre en œuvre la grande stratégie envers la Chine – Vingt-deux recommandations politiques américaines (Blackwill, 2020) Center for a New American Security : Contrebalancer – Une analyse critique du rééquilibrage en Asie-Pacifique (Cronin et al., 2016) Center for a New American Security : Relever le défi chinois (Ratner et al., 2020) Center for Strategic and International Studies : Définir le « Diamond » – Passé, présent et avenir du Dialogue quadrilatéral sur la sécurité (Green et al., 2020) Center for Strategic and International Studies : La NDS 2026 en chiffres (Cancian, Park, 2026) Center for Strategic and Budgetary Assessments : Preserving the Balance – A U.S. Eurasia Defense Strategy (Krepinevich, 2017) Atlantic Council : Global Strategy 2021 – An Allied Strategy for China (Kroenig, Cimmino et al., 2020) Brookings Institution : L’avenir de la politique américaine envers la Chine – Recommandations pour l’administration Biden (Hass, 2020) Carnegie Endowment for International Peace : Héritage ou fardeau – Les implications européennes de la politique étrangère de Trump (Chivvis, 2025) Quincy Institute for Responsible Statecraft : Active Denial – Feuille de route vers une stratégie de défense américaine plus efficace, stabilisatrice et durable en Asie (Odell et al., 2022) Institut international d’études stratégiques : Évaluation de la sécurité régionale en Asie-Pacifique (volumes annuels 2022, 2023) American Enterprise Institute : Roger Noriega, stratégie énergétique hémisphérique (2023, plusieurs contributions)

Article précédent http://www.michael-hollister.com

Michael Hollister : « Opération Pivot ». 1er février 2026. https://www.michael-hollister.com/de/2026/02/01/operation-pivot/

Michael Hollister : « Suivez le pétrole, partie 1 – Comment Washington démantèle l’approvisionnement énergétique de la Chine. » 29 mars 2026. https://www.michael-hollister.com/de/2026/03/29/folgt-dem-oel-wie-washington-chinas-energieversorgung-demontiert/

Michael Hollister : « Suivez le pétrole, partie 2 – L’Europe sans pétrole. » 12 avril 2026. https://www.michael-hollister.com/de/2026/04/12/folgt-dem-oel-teil-2-europa-ohne-oel/

Michael Hollister : « Suivez le pétrole, partie 3 – Les États du Golfe pris entre deux feux. » 12 avril 2026. https://www.michael-hollister.com/de/2026/04/12/folgt-dem-oel-teil-3-die-golfstaaten-zwischen-den-fronten/

Michael Hollister : « Intervention au Venezuela – Partie 2. » 5 décembre 2025. https://www.michael-hollister.com/de/2025/12/05/venezuela-intervention-3/

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